Métallisation d’ un sol plastique

La très grande fonctionnalité des sols thermoplastiques n’ est plus à démontrer : les possibilités qu’ils offrent en terme de résistance à l’usure, de confort acoustique ou encore leurs capacités à prendre les textures et les motifs les plus variés en font l’ un des revêtements de sols les plus utilisés.

Vous les retrouverez notamment sur des sites très passants et très sollicités, comme en environnement administratif, hospitalier, scolaire, ou encore dans des usines, des hyper marchés, des H.L.M, etc…

Mais, si les sols thermoplastiques permettent d’ obtenir à la fois un brillant très esthétique ainsi qu’ un cuvelage étanche aux bactéries et à l’humidité, ils sont également sujets à l’ encrassement et sensibles à l’ abrasion mécanique.

Il est donc nécessaire de maîtriser leur entretien (régulier et ponctuel) afin de les maintenir en parfait état le plus longtemps possible.

Ainsi, le rôle du nettoyage est-il bien trop souvent complètement sous – estimé (voir méconnu) dans les problèmes de maintenance des sols thermoplastiques.

Nous souhaitons vous monter ici une opération de remise en état réalisée sur un sol PVC particulièrement encrassé.

De quoi parle – t on ?

On peut définir une matière thermoplastique par ses propriétés à se ramollir de façon répétée lorsqu’elle est chauffée à une certaine température et à redurcir en dessous de celle-ci. Ces propriétés jouent d’ailleurs un rôle important dans la capacité de recyclage des matières thermoplastiques.

Les sols en matière thermoplastique sont principalement des sols vinyle, présentant une bonne résistance et donc un bon rapport qualité / prix.

La plupart sont en fait réalisés à base de polychlorure de vinyle – ou chlorure de polyvinyle – connus de tous sous le sigle PVC. Ce polymère thermoplastique de grande consommation est préparé par l’industrie à base de deux matières premières : il est constitué à base de pétrole bien sur (pour 43 % de sa composition), et également … à partir de sel !

Il est de ce fait l’unique matière plastique couramment utilisée qui soit constituée par plus de 50 % de matière d’origine minérale.

Le classement C.S.T.B (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment)

Le C.S.T.B a mis en place une nomenclature des propriétés des revêtements : l’ indice U.P.E.C

• U : Usure à la marche (comportement à l’ abrasion, chariots et chaises à roulettes par exemple)
• P : Poinçonnement statique et dynamique (action du mobilier, chute d’ objets)
• E : Réaction à l’ eau et plus généralement à l’ humidité
• C : Réaction aux substrats chimiques et tachants, par exemple les produits d’ entretiens ou encore alimentaires

(Il existe également une lettre A+ , désignant le niveau de sonorité à la marche et l’ efficacité acoustique contre les bruits et les chocs)

Les différentes lettres du classement U.P.C.E sont en outre assorties d’ indices qui donnent le niveau de performance des revêtements. Plus l’ indice est élevé, plus l’ exigence est forte.

La lettre « U » traduit ainsi les effets d’ usage tels que la rayure, l’ encrassement, l’ abrasion (dépolissage), le changement d’ aspect (cloquage, désordres aux joints, etc..)

C’ est donc bien sur l’ ensemble de ces processus que doivent se concentrer les professionnels du nettoyage.

Et c’ est la raison pour laquelle nous travaillons régulièrement en interne et avec nos partenaires comme l’ INHINI (Institut National de l’ Hygiène et du Nettoyage Industriel) sur la formation et la qualification de nos agents :

• différenciation de la nature des sols plastiques (sols souples, rigides, synthétiques, linoléum…)
• propriétés chimiques et physiques
• connaissances des prestations adaptées (choix des méthodes et produits d’ entretien, de remises en état)
• techniques manuelles et mécanisées (balayage humide, lavage, décapage, méthode spray, lustrage à grande vitesse, etc…)

La lettre « P » traduit les actions mécaniques : mobilier fixe ou engins roulants (par exemple de manutention ou d’ entretien) ainsi que les chutes d’ objets.

Ainsi seront dits « P3 » les locaux équipés de sièges à roulettes (on comprend aisément combien ils sont nombreux), ainsi que certains couloirs d’ hôpitaux (déplacements de charriots et brancards par exemple).

La lettre « E », primordiale pour les professionels du nettoyage, définie la fréquence d’ utilisation d’ eau sur le sol, induit notamment par le mode d’ entretien.

• E1 : utilisation d’ eau occasionnelle : entretien régulier à sec et simple nettoyage humide
• E2 : utilisation d’ eau fréquente et non systématique : locaux nettoyés par lavage. Les environnements « humides par destination » (locaux sanitaires ou cuisines, seront au moins classés E2)
• E3 : recours à l’ utilisation d’ eau prolongée de façon régulière : entretien quotidien par lavage. La présence de système d’ évacuation d’ eau au sol (syphon, caniveau..) classe automatiquement le local en E3.

La lettre « C » concerne l’ utilisation de substances dont l’ action physico-chimique a des conséquences sur la durabilité, en provoquant par exemple des tâches durables, permanentes ou ineffaçables.

Par exemple, et pour bien comprendre :

• C0 : locaux dans lesquels même les produits courants (alimentaires, entretien) sont normalement absents (exemple : Hall). Attention : le risque de tâche n’ y est cependant jamais nul.
• C1 : contact avec le sol accidentel (restaurants, salles de classes)
• C2 : couramment utilisés (cuisine, laboratoires)

L’ intervention réalisée par l’ une de nos équipes et décrites dans la suite de cet article est donc réalisé dans un local U3.P3.E1.C0

Exemple de réalisation

3.1 L’ état des lieux

Vous pouvez constater sur cette série de photos l’ état du revêtement dans ce local :

• très encrassé
• nombreuses traces noires laissées au fil du temps, notamment par les chaussures et les roulettes des chaises de bureau.
• Couche d’ émulsion (couche protectrice du revêtement) abimée, très mince, voir inexistante par endroit

Cet encrassement avancé correspond donc à l’ usure du revêtement, principalement dûe au trafic pédestre.

Sur ce chantier, et en conformité avec les demandes qui nous ont été faites : notre équipe a effectué la remise en état du revêtement sans vider la pièce.

La première étape du travail a donc consisté a libéré le plus possible l’ espace au sol, sans déménager l’ ensemble du mobilier.

Nous avons donc mis en hauteur tout ce qui était possible (chaises, caissons de bureaux, corbeilles à papiers, etc..) ainsi que tous les fils électriques et prises de courant.

 

3.2 Le décapage

Cette opération, appelée décapage au mouillée d’un sol thermoplastique est peut être la plus simple de l’intervention.

C’est une opération d’abrasion, qui consiste à décaper par friction une surface pour éliminer :

• la couche résiduelle de protection posée précédemment (élimination des couches de protection antérieures)
• l’ensemble des traces d’ usures, souillures, marques, encrassement

Pour cette 1ère opération, notre équipe a eu recours à une lourde monobrosse professionnelle.Le poids de cette machine (63 kgs) en fait un outil de référence pour tous les travaux de décapage.

Le poids de la machine augmentant de façon mécanique la performance du brossage.

Nous avons monté un disque PAD noir, fibres en nylon, spécialement conçu pour le décapage (caractéristique : 3,2 sur l’ échalle de Schiefer).

Après analyses et mesures de la typologie du sol, nous avons opté pour un décapant fortement alcalin et solvanté.

L’une des caractéristiques de ce produit est son PH particulièrement élevé (13).

Le PH, ou Potentiel Hydrogène, est une échelle permettant de mesurer le degré d’ acidité ou de basicité d’ une solution. (Plus une solution a un PH inférieur à 7, plus elle est acide. Au contraire, plus une solution a un PH supérieur à 7, plus elle est basique. Une solution au PH équivalent ou très proche de 7 est dite « neutre »).

Très importante pour les spécialistes du nettoyage industriel, cette notion permet d’ utiliser les bons produits en fonction des souillures mais aussi des supports à traiter.

Attention !! Le PH de la chimie utilisée pendant les interventions peut avoir une grande incidencesur le résultat final….et peux même réserver de très mauvaises surprises en détèriorant de façon irrémédiable la surface à traiter ! Dans le doute, il existe des décapants dits « neutres », (qui possèdent un PH proche de 7). Même si leur efficacité peut s’ avérer moindre, il est préférable de les utiliser sans une connaissance précise des caractéristiques chimiques des surfaces d’ intervention).

On constate sur cette série de photos le résultat du décapage, qui comprend 3 étapes impératives :

Une action chimique

Il s’ agit tout simplement de répandre sur le sol une quantité importante du décapant choisi, à l’ aide d’ un système de lavage à plat par exemple.

Laisser agir les tensioactifs du décapant au moins 15 minutes.

Une action mécanique

C’ est le travail de la monobrosse, : le choix du disque PAD le mieux adapté est fonction du résultat recherché (décapage ou lustrage).

Les disques PAD sont constitués par un réseau de fibres alvéolées (non tissées) à l’intérieur duquel sont ajoutés des grains abrasifs. Ce sont ces grains de natures différentes et de tailles plus ou moins grosses qui définissent l’utilisation de chaque disque PAD en fonction du but recherché.

Ainsi, plus les grains seront gros, plus le disque PAD utilisé sera abrasif (définit le degré d’abrasion). Lors d’ un décapage, il est essentiel d’ utiliser une monobrosse basse vitesse (150 à 200 trs/min.) Ceci afin d’ éviter toutes les projections de souillures décollées par la machine. (Au contraire de l’ opération de lustrage, qui nécessite une monobrosse grande vitesse : 400 à 800 trs/min.)

Il existe également des monobrosses dites « à très haute vitesse » (1000 à 3000 trs/min.), beaucoup plus rarement utilisées.

PRO NETTOYAGE met à votre disposition une gamme complète de monobrosses professionnelles NILFISK, nous permettant de répondre à vos attentes les plus spécifiques.

Sur les prises de vues précédentes, on voit bien l’ élimination de toutes les couches de matières déposées par le temps et surtout l’utilisation (usure) des locaux :

Toutes les différentes souillures bien sur, mais aussi la couche existante d’ émulsion protectrice.

Le travail mécanique de la monobrosse doit être complété par une action manuelle pour les endroits inaccessibles (dessous de bureaux, coins, etc…)

La dernière étape du décapage est l’ aspiration de toutes les matières décollées à l’ aide d’ un puissant aspirateur à eau.

3.3 Encore un peu de chimie …

Une étape essentielle de notre intervention …. le rééquilibrage du PH au sol.

Comme expliqué ci-dessus, nous avons eu recours à un décapant très basique pour sa grande efficacité d’ une part, et pour la composition du revêtement d’ autre part.

Avant de poser notre émulsion double réticulation, il nous fallait d’ abord rectifier le PH au sol…

Nous utilisons pour cela une solution qui va vous étonner ….. nous répandons sur le sol …. un gel détartrant sanitaire ! (dosé à 20%)

Son PH très acide a pour unique fonction d’ égaliser le PH au sol afin de retrouver un PH neutre (proche de 7)

Voici donc l’état du revêtement après les étapes : Décapage + rééquilibrage du Ph + séchage :

3.4 La dernière étape …

Cette dernière action est certainement la plus délicate de l’ intervention :

Il s’ agit d’ appliquer l’émulsion protectrice choisie grâce à un simple système de lavage à plat. Appliquer au minimum 3 couches, temps de séchage entre 30 et 60 minutes entre chaque couche. Laisser sécher le travail fini au moins 24 heures avant l’ utilisation des locaux (de 24 à 48 heures en fonctions des conditions de chaleur et                d’ humidité ambiants). En partenariat avec notre fournisseur ALS54, nous utilisons une émulsion dite « à double réticulation ».

Les procédés chimiques sont assez complexes.. mais retenons que le point fort de cette chimie est de « tirer » naturellement dans toutes les directions.

Le conseil du professionnel : Veillez bien à conserver soigneusement une quantité suffisante d’ émulsion de réserve ….  Elle vous permettra de faire les retouches nécessaires qui ne manqueront pas d’ avoir lieu une fois le travail fini (coins des pièces, dessous de radiateurs, bords des plinthes par exemple)

Nous sommes certains ainsi d’ obtenir un résultat impeccable : une couche de protection d’environ 2 mm répartie uniformément sur toute la surface au sol, quelque soient les défauts (même invisibles à l’ oeil nu) de surface (rugosités, défauts de rectitude, etc…)

Nous vous proposons encore cette petite série de photos « avant-après, pour constater avec nous le rendu final.

« AVANT / APRES »

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